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Émotions & écriture

Décider quand tout se mélange : ce que le journaling change vraiment

Pourquoi certaines décisions nous pèsent, et comment un simple exercice d'écriture en quatre temps aide à y voir clair, sans se forcer et sans se trahir.

Par Audrey Laye

Une femme pensive au sourire doux, assise devant un carnet rose avec un thé, dans une lumière chaleureuse

La légende dit que l'on prend environ 35 000 décisions par jour. On va prendre ce chiffre avec des pincettes.

On le retrouve partout, dans les articles, les conférences, les posts. Mais quand on cherche d'où il vient, on ne trouve aucune vraie source scientifique. Personne ne sait vraiment combien de décisions on prend dans une journée. Et franchement, ce n'est pas grave, parce que le vrai sujet n'est pas le nombre. Le vrai sujet, c'est que certaines décisions passent toutes seules, et que d'autres nous pèsent, nous réveillent la nuit, nous font tourner en rond pendant des semaines.

Aujourd'hui, je te parle de ce qui rend la décision parfois si difficile, et de la façon dont l'écriture peut t'aider à y voir plus clair, sans te forcer et sans te trahir.

Trop de choix, vraiment ?

On entend souvent que trop de choix tue le choix. C'est vrai, mais pas tout à fait comme on le croit. Les chercheurs se sont posé la question pendant des années, et ils ont fini par comprendre que le nombre d'options ne bloque ni tout le monde, ni tout le temps. Ce qui fait la différence, c'est surtout de savoir ou non ce que l'on veut vraiment.

Quand tu sais ce qui compte pour toi, tu peux avoir dix options, tu écartes vite celles qui ne te correspondent pas. Quand tu ne le sais pas, même trois options peuvent te paralyser.

Pourquoi une décision devient un fardeau

Dans mon expérience d'accompagnement, je vois deux grandes raisons.

La première, c'est quand la décision nous touche personnellement. Pas seulement dans ce qu'elle change concrètement, mais dans ce qu'elle remue. Quand elle touche à nos valeurs, à nos principes, à l'image que l'on a de nous. Accepter ce poste, mais suis je encore alignée avec ce que je défends ? Dire non à cette personne, mais vais je passer pour quelqu'un de dur ? Quitter cette entreprise, mais qui suis je si je ne suis plus celle qui tient tout ? Là, on ne décide plus seulement avec la tête, on décide avec ce que l'on est. Et ça, c'est lourd.

La deuxième, c'est le moment. Tu l'as sûrement déjà vécu : la même décision, un lundi matin reposée, te paraît simple. Un jeudi soir, après une journée de réunions, elle te semble impossible. La fatigue, le stress, un environnement qui met sous pression, tout cela abîme notre capacité à peser les choses calmement. Quand on est en surcharge, le cerveau cherche la sortie la plus rapide. Soit on décide trop vite pour en finir, soit on repousse encore et encore. Dans les deux cas, on n'est pas dans la meilleure version de nous mêmes pour choisir.

Ce que l'écriture change

Je ne te dis pas qu'écrire règle tout. Mais écrire aide, et voici comment.

D'abord, écrire permet de mettre des mots sur ce qui est touché. Quand une décision remue tes valeurs ou ton image, tout est mélangé dans ta tête et ça fait du bruit. Poser les choses sur le papier, c'est déjà commencer à les démêler. Tu t'aperçois que ce qui te bloque n'est pas ce que tu croyais. Ce n'est pas le poste, c'est la peur de décevoir. Ce n'est pas le départ, c'est la peur de perdre ta place. Dès que c'est écrit, tu peux enfin le regarder.

Ensuite, écrire permet de choisir son moment. Tu ne décides plus à chaud, dans l'urgence, entre deux rendez vous. Tu te donnes un créneau, un cahier, un endroit calme. Tu transformes la décision en rendez vous avec toi même, et ça change tout.

Un temps pour soi, l’écriture et une tasse de thé

Enfin, écrire allège le mental. Toutes ces options qui tournent dans ta tête, tu les sors, tu les poses sur la page, tu les vois, tu les ordonnes. Ta tête n'a plus besoin de tout porter en même temps.

Un exercice à faire cette semaine

Si tu as une décision qui traîne, prends un cahier, un stylo, quinze à vingt minutes tranquilles. Et suis ces quatre étapes, un peu comme un entonnoir.

Première étape, l'intention. Écris en haut de la page la décision à prendre, sous forme de titre, le plus simplement possible. Par exemple : décider si j'accepte la proposition de mon directeur. Et à côté, une phrase sur ce que tu attends de cet exercice : voir plus clair, apaiser mes doutes, savoir ce que je veux.

Deuxième étape, le ressenti. C'est la voix du cœur. Écris ce que tu ressens quand tu penses à cette décision, sans filtre, sans te corriger. De la peur, de l'excitation, de la culpabilité, de la fatigue. Tout est permis, personne ne lira cette page.

Troisième étape, les jugements et les valeurs. Repère ce que tu te dis à toi même, les phrases du genre je dois, je ne peux pas, je suis censée. Puis demande toi quelle valeur se cache derrière : la loyauté, la liberté, la sécurité, la reconnaissance. Ce qui est vraiment en jeu pour toi, c'est ça.

Quatrième étape, les faits et le contexte. C'est la voix de la raison. Maintenant que tu as laissé parler le cœur, tu regardes les faits, calmement. Ce qui est concret, ce qui est vérifiable, ce qui dépend de toi et ce qui n'en dépend pas.

Et pour finir, une dernière question : que retiens je de tout cela, et quelle est la première action que je peux poser ? Pas la décision définitive, juste le premier pas. Parfois, c'est une conversation à avoir. Parfois, c'est dormir dessus. Et c'est très bien comme ça.

Si tu veux aller plus loin, j'ai préparé un carnet offert, à télécharger sur ayelessentiel.com, pour t'aider à démarrer l'écriture.

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Prends soin de toi, et à très vite.

La relation est au cœur de toutes nos actions.